La QPC
Question prioritaire de constitutionnalité
Contester la loi, et non plus seulement son application.
L’enjeu
Le procès se joue d’ordinaire sur la mineure du syllogisme, c’est-à-dire sur les faits, rapportés à la règle telle que le juge l’interprète.
La question prioritaire de constitutionnalité vise la majeure. Elle ne discute plus l’application de la loi ; elle en conteste la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit et, si le Conseil constitutionnel lui donne raison, la disposition est abrogée, à la date et dans les conditions qu’il fixe.
La voie
Un écrit distinct et motivé suffit à la poser, y compris pour la première fois en appel ou en cassation.
Mais chaque étape filtre. Le juge du fond ne la transmet que si la disposition est applicable au litige, n’a pas déjà été déclarée conforme, sauf changement des circonstances, et si la question n’est pas dépourvue de caractère sérieux ; le Conseil d’État ou la Cour de cassation ne la renvoient que si elle est nouvelle ou présente un caractère sérieux.
Un refus de transmettre éclaire parfois autant qu’une transmission. Il oblige la juridiction à prendre position sur un point déterminé, et peut la conduire à le faire dans un sens qui sert tout autant le litige ; et comme le Conseil constitutionnel admet que soit contestée « la portée effective qu’une interprétation jurisprudentielle constante confère » à une disposition (Cons. const., 6 octobre 2010, n° 2010-39 QPC), la question permet aussi de remettre en cause une jurisprudence établie. Transmettre ou ne pas transmettre : l’un et l’autre entrent dans la stratégie.
En appui
Je recherche si une question peut naître du litige, et je la propose au confrère. Nous en mesurons ensemble les enjeux et arrêtons la stratégie, selon ce que l’on attend de la transmission, ou de la réponse que la juridiction donnera en la refusant.
Je rédige ensuite la question et, s’il le souhaite, je la soutiens avec lui, devant les juges du fond comme, en cas de renvoi, devant le Conseil constitutionnel.
Trois questions plaidées devant le Conseil constitutionnel, dont deux déclarations de non-conformité totale.